Savez-vous maîtriser votre esprit ?
Découvrez ici une présentation de chacun de mes livres, conçus pour enseigner et divertir.
Explorez deux sujets vitaux souvent ignorés ou négligés ::
la maîtrise de la faculté de penser efficacement et la capacité de dialoguer harmonieusement.
Le Homa
Homa (Humain en Espéranto) est le nom que l’auteur donne à la procédure de maîtrise des modes de pensée qu’il propose dans cet ouvrage. (Cette appellation viens de son roman de fantasy Wor)
Une longue carrière consacrée à la communication entre êtres humains a permis à l’auteur de découvrir que la maîtrise de la Sémantique générale adossée à la logique formelle, entraîne une évolution du comportement qui conduit au dépassement du rejet de la contradiction pour atteindre la recherche systématique de l’harmonie des idées.
Le présent ouvrage se concentre sur la maîtrise des modes de pensée en tant qu’outil opérationnel de la pensée humaine en général, quel que soit le sujet et la nature des échanges.
Sur le plan dialectique, il n’existe qu’une seule manière d’apprendre à penser de façon rationnelle, c’est d’apprendre à maîtriser les modes de pensée dans le but d’atteindre l’harmonie des idées. C’est ce que propose le présent ouvrage.
Extrait du Homa
(Chapitre 365 - Page 67)
365) Raisonnement via l’empathie volontaire
A la recherche de l’harmonie des idées
En résumé, nous constatons que :
Les modes inductifs dialectiques, qui procèdent par généralisation et n’ont aucune valeur probante, sont les modes de pensée les plus naturels et les plus constants de l’être humain. Ce qui nous conduit tous à croire que l’on déduit ses opinions de ses observations, alors qu’il n’en est rien, puisqu’on ne fait qu’induire ou produire de fausses déductions non valides au plan de la logique.
L’induction scientifique produit une probabilité basée sur une statistique issue d’une quantité significative de tests.
Le mode déductif apodictique ou dialectique, pour être valide et donc, probant, doit respecter, à la lettre, les règles de la syllogistique. Ce qui est quasiment impossible à faire spontanément dans le cours d’un dialogue. De plus, même en produisant une déduction valide, on n’obtient qu’une « probabilité » et non une certitude.
Ces deux façons d’inférer ne produisant pas de vérités absolues définitivement indubitables, toutes nos convictions et nos persuasions ne sont finalement que des opinions sans valeur probante absolue, même lorsqu’elles empruntent l’apparence de la logique formelle (fausse ou pseudo logique) et même lorsqu’elles sont effectivement le produit d’une logique formelle valide (probabilité).
La rhétorique n’est que de la pseudo logique. Cela veut ressembler à de la logique par le biais d’une supposée évidence, mais ce n’est qu’une manipulation de l’esprit. Cela étant, certaines figures de la rhétorique peuvent être employées à une fin honnête (Exemple : la pédagogie), mais le plus souvent, leur emploi n’a d’autre fin que la tromperie.
Force est donc de constater qu’aucun des modes de pensée de la dialectique ne produit de certitude. Ce qui nous conduit à la conclusion suivante : “Dans toute pensée, il convient de relativiser“.
C’est-à-dire, élargir autant que faire se peut l’appréhension du contexte général de l’idée concernée. Ce qui permet d’appréhender ladite idée concernée sous différents angles, et notamment sous l’angle de l’éventuelle contradiction d’un contradicteur, non pour s’opposer, mais pour éventuellement admettre le bien fondé de la contradiction moyennant quelques ajustements de sa propre pensée ou compromis en échange avec la pensée adverse.
Ce qui est une bonne introduction à la « Sémantique générale » dont les règles prudentielles nous demandent de toujours garder présent en mémoire, qu’étant sujet, nos réflexions et inférences ne peuvent être que subjectives, c’est-à-dire limitées par nos sens et soumises à l’imprécision personnelle de notre savoir, à la richesse ou à la pauvreté de notre vocabulaire et à notre maîtrise plus ou moins performante de la syntaxe.
La Sémantique générale nous recommande également de prendre garde à la désorientation spatiotemporelle. Le réel n’existe que, “ici et maintenant“. Le passé n’est pas forcément totalement élucidé au point de servir d’exemple pour le présent, et le futur n’est que le produit d’une spéculation. Un tel constat nous oblige à renoncer à la dialectique antique de “la non-contradiction“ et même à l’emploi systématique de la dialectique ancienne “du compromis“ pour nous consacrer assidûment à la dialectique nouvelle “de l’harmonie“ des idées. Ce constat vaut autant pour les réflexions que l’on mène en son for intérieur que pour les dialogues échangés avec un ou des tiers. Plus facile à dire qu’à faire, tant notre culture occidentale gréco-latine (2500 ans d’existence), basée le plus souvent sur le rejet de la contradiction et parfois sur le « compromis », est totalement infuse dans nos comportements. Il n’existe pas de vérité absolue et personne ne peut, par nature, appréhender la totalité du réel. Il n’existe que des opinions diverses et variées, des croyances par essence infondées, des idées reçues et des idées toutes faites, des pulsions incontrôlées, des sentiments, des ressentis, des impressions, des émotions, des intuitions, des pressentiments, des sensations, des avis, des points de vue, des sensibilités, etc. En bref, rien qui vaille de se mettre martel en tête. Par conséquent, il convient de bien identifier tout ce “fatras“ des modes de pensée de la dialectique pour ce qu’il est : juste des idées qui n’engagent et martyrisent que ceux qui oublient de relativiser.
Relativiser en toute circonstance et rechercher assidûment l’harmonie des idées sont les deux attitudes qu’il convient d’avoir en permanence pour penser efficacement.
Tout enchaînement de raisonnements suppose une préparation. L'improvisation ne peut avoir valeur de méthode en la matière. On est d'autant plus à l'aise pour improviser, réfuter à chaud, libérer son imagination, que l'on a en réserve des arguments et un fil conducteur bien conçu ; c'est-à-dire empreint de logique formelle et de pédagogie.
Pour avoir l'initiative au cours d'un débat, et pour la conserver,
il ne suffit pas d'avoir de la répartie. L'écoute active est souvent bien plus déterminante pour le but poursuivi par le locuteur que la parole de ce dernier. "Qui veut trop prouver ne prouve rien." Cet adage a force de loi. Savoir argumenter, c'est tout à la fois : maîtriser le sujet traité, ainsi que la meilleure manière de le traiter. C'est savoir intégrer la démarche intellectuelle de son interlocuteur dans la sienne propre pour mieux les subsumer en une conclusion favorable aux deux parties.
L'art de convaincre ou de persuader passe par la nécessité absolue d'être doté d'une empathie volontaire sincère et néanmoins tactique.
Ouvert, perméable, disponible, débarrassé d'idées préconçues, mais aussi "à l'affût" de toute pensée émanant de l'interlocuteur susceptible de concourir à une harmonie partagée. Une argumentation efficace et pérenne ne peut que s'appuyer sur les principes, les croyances, les postulats, les valeurs de l'interlocuteur …
Ce qui est "très important pour lui" (TIPL).
Un locuteur réellement opérationnel n'a de cesse qu'il n'ait découvert quel cheminement logique peut faire passer l'esprit de l'interlocuteur des propres certitudes de ce dernier au progrès attendus de la conversation.
C'est pourquoi, il est indispensable d'apprendre à identifier les modes de pensée. Connaître toutes les formes de raisonnement permet de ne plus être impuissant devant les désaccords ; les maîtriser, fait du locuteur averti l’architecte de sa propre pensée et éventuellement de celles de ses interlocuteurs. Argumenter, ce n'est pas dominer par la contrainte ; ce n'est pas faire céder l'autre ; ce n'est pas se faire plaisir en imposant ses vues au détriment de celles d'un interlocuteur considéré comme un adversaire.
Argumenter ce n'est pas "vaincre" mais "convaincre" (C’est-à-dire vaincre ensemble).
L'ennemi, ce n'est pas l'interlocuteur, mais l'ignorance des mécanismes de la pensée. La constance chez nos contemporains d'une attitude polémique, voire conflictuelle, à l'égard de tout contradicteur, ne doit pas paralyser ni décourager le locuteur, encore moins l'entraîner vers un comportement de prédateur usant de démagogie, de menaces, de chantage ou de contraintes diverses et variées.
Un locuteur aguerri répond à l'anarchie et à la violence des sentiments de ses interlocuteurs et des siens propres par la maîtrise de tous les mécanismes de la pensée et la sérénité issue de sa probité.
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L'intelligence ça s'apprend
En complément des définitions du mot “intelligence“ données par les dictionnaires, l’auteur prétend et démontre que l’intelligence est aussi et surtout le produit d'une connaissance suffisante des “modes de pensée“.
C’est dans l’apprentissage de la logique formelle Aristotélicienne, que le lecteur découvrira qu’il n’existe aucune certitude dialectique, et qu’en conséquence, en toute chose il convient de relativiser en élargissant son point de vue par une recherche constante des détails.
Ce cours de logique formelle est complété par une initiation aux règles prudentielles de la Sémantique générale de Korzybski, afin que le lecteur comprenne qu’il a tout intérêt à ne pas laisser sa dialectique personnelle coincée dans le conflit de l’antique rejet de la contradiction (“Non-contradiction“), ni même dans la frustration de l’ancien “Compromis des convictions“, mais qu’au contraire, il lui sera très profitable de rechercher systématiquement le consensus de “l’harmonie des idées “ prôné par la nouvelle dialectique.
Imaginez un monde où l'humanité toute entière serait en permanence à la recherche de l'harmonie des idées.
Extrait de L'intelligence ça s'apprend
(Introduction - Page 2)
« Apprendre l’intelligence » Quelle idée ridicule !
Si l’intelligence pouvait s’apprendre, il y aurait moins d’imbéciles sur notre planète. L’intelligence est un don. On est intelligent à la naissance ou on ne l’est pas. L’intelligence se mesure. Moi, par exemple, j’ai un QI supérieur à la moyenne, ce qui m’a permis d’obtenir un diplôme d’études supérieures. Je suis le PDG de mon entreprise. C’est moi qui décide et qui commande. De plus, j’ai des responsabilités politiques. Donc c’est évident, je suis né intelligent.
« Apprendre l’intelligence » A bon, où ça ?
Je suis allé à l’école comme tout le monde. Je ne sais pas combien j’ai de QI, mais j’ai des droits et des opinions. Il n’est pas question que je me laisse berner par tous les salopards qui se croient plus intelligents que moi. Je suis un être humain à égalité avec tous les autres et vous avez intérêt à me respecter si vous voulez que je joue le jeu. Donc c’est évident, je ne suis pas un imbécile, je suis intelligent.
Selon vous …
Lequel de ces deux personnages est dans le vrai ? Est-ce que les études supérieures rendent intelligent ou faut-il être intelligent pour en faire ? Est-ce qu’avoir des opinions et la volonté de faire respecter ses droits sont des preuves d’intelligence ?
Et, si on commençait par définir ce qu’est vraiment l’intelligence.
Intelligence : (Selon LE ROBERT) (Du latin intellegere <comprendre>)
Faculté de connaître, de comprendre
(Sens strict) Ensemble des facultés mentales ayant pour objet la connaissance conceptuelle et rationnelle
(Didactique) Aptitude à s'adapter à des situations nouvelles, à découvrir des solutions aux difficultés rencontrées
(Courant) Qualité de l'esprit qui comprend et s'adapte facilement : caractère d'une personne intelligente
Faculté – Aptitude – Qualité : Autant de définitions qui pourraient laisser entendre que l'intelligence est seulement innée. Ce qui sous-tend que si on a eu la malchance de n'en recevoir qu'un peu à la naissance, on est condamné à vie à ramper en bas de l'échelle sociale.
Or, l'intelligence est aussi et surtout le produit d'une connaissance suffisante des modes de pensée («mode» = mode d’emploi - «pensée» = outil / machine) ; laquelle connais-sance procure la maîtrise rationnelle des rapports que l'être humain entretient avec toutes les interactions qui composent ou traversent son existence. Si pour l'être humain, la faculté de penser est, en soi, normalement incluse dès la naissance (Sauf accident). Bien que ladite faculté soit plus ou moins performante selon les individus et le hasard du mélange génétique dont ils sont issus ; rien n'empêche le moins doué de développé sa faculté de penser et d'acquérir plus d'intelligence en apprenant à maîtriser les principaux "modes de pensée".
«Un intellectuel assis va moins loin qu'un con qui marche»
(Cette maxime prêtée à Audiard est issue d’un très ancien proverbe chinois).
La santé - l'amour - l'amitié - le sens de la vie - la sécurité matérielle - la réalisation de soi - la reconnaissance - l'éducation de ses enfants … Qui n'a pas envie de maîtriser ces domaines essentiels ? … et beaucoup d'autres sujets dépendant de l'intelligence dont on peut faire plus ou moins preuve dans la conduite de sa vie.
La maîtrise des principaux modes de pensée est la clé du développement de l’intelligence et c’est ce que nous vous proposons d’étudier dans le présent ouvrage : la logique formelle (Aristote) associée à la sémantique générale (Korzybski).
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Wor
Constatant que les disciplines de l'esprit ne sont pas enseignées aux adolescents, l’auteur espère intéresser , par le truchement de la fantasy, cette population et leurs ascendants à l’apprentissage d’une verbalisation sensée et valide.
Se distraire et s’instruire n’étant pas forcément des activités antinomiques le roman Wor a justement pour objet d’offrir cette symbiose.
L’action se passe dans un futur postapocalyptique de type médiéval. Wor un jeune cadet d’une famille royal va vivre un formidable bouleversement de son destin. L’apprentissage des préceptes du premier cercle Homa l’élèvera bien au-dessus de la condition humaine de son temps. Le complot orchestré par l’ordre du Kentaur le mènera, malgré lui, via un terrible drame, à la tête d’un bouleversement mondiale de l’humanité.
Au gré de la lecture de ce roman, l’auteur met en situation les préceptes de la Sémantique générale (Logique Ã) et propose au lecteur, en fin d'ouvrage, de discerner les six préceptes de la Sémantique générale de ceux inventés pour la fantasy.
Extraits de Wor
(Chapitre 10 - Page 331)
La transmutation
(Négociation en prémisse de la bataille de l'étang des trois poules noires)
Le jour convenu arriva très vite. On était dans les premiers jours de l'été. Il faisait très beau. On aurait pu croire qu'une fête champêtre se préparait. On avait dressé une longue tribune en bois surélevée de deux marches, recouverte d'un drap blanc, couleur des pourparlers. Au milieu de cette tribune trônait une grande table rectangulaire flanquée sur chacun de ses grands côtés de cinq lourds tabourets matelassés. La table était vide. On ne venait pas pour festoyer. Au fur et mesure de leur arrivée, les Chefs de guerre prenaient position devant la tribune, de part et d'autre selon le camp auquel ils appartenaient.
La délégation de plénipotentiaires Bordes arriva la première. Les dignitaires de la famille Straugs étaient tous là : "Haldric le Cruel" accompagné de ses deux frères - Gwendor et Korrand - et de ses trois fils – Marrak – Borgen – Togon. Wor arriva bon dernier. Il était seul. Tous étaient revêtus de leurs armures de guerre, comme il se doit dans de telles circonstances. On n'était pas là pour s'amuser et, malgré toutes les précautions prises de part et d'autre, la possibilité d'un traquenard restait à envisager. La matinée était déjà très avancée.
Wor lança les débats brutalement ; sans aucune formule de politesse préalable :
- Bordes ! C'est vous qui avez pris l'initiative des événements en cours. Dites ce que vous voulez et qu'on en finisse.
"Haldric le cruel" affiche un sourire sardonique. Il rétorque sur un ton enjoué totalement décalé par rapport à la gravité de la situation :
- C'est simple, jeune Stangmeur, nous voulons que tu répares les injustices dont ton père nous a accablés durant les trop nombreuses années de son règne. Mais tout d'abord, nous t'informons de notre sécession. Nous nous séparons totalement du royaume de Gaskadi. Nous ne paierons plus l'impôt, ni n'obéirons plus à vos lois.
Qu'as-tu à dire sur ce point ?
- Rien. Je ne suis pas Roi de Gaskadi. Informe mon frère de votre volonté ou à défaut les Rois des autres états de la fédération.
- Admettons. De toute façon cette décision n'est pas négociable. Si les autres ne sont pas d'accord, ils n'ont qu'à nous déclarer la guerre, nous sommes prêts à les recevoir.
- À ta guise.
Soudain le visage du "Cruel" se ferme. Il plisse les paupières. Ses yeux brillent de haine contenue. Il dévisage Wor avec défi en grondant les dents serrées :
- Mes frères vont maintenant t'exposer ce que nous exigeons en contrepartie de nos otages. Écoute-les avec attention, la vie des tiens en dépend.
Gwendor prend la parole :
- Notre exigence est simple. Nous voulons récupérer la totalité de l'or que ton père nous a volé durant son règne sous prétexte de nous fédérer ; soit cent mille pièces d'or. Oui ! Nous voulons cent mille pièces d'or.
- Où voulez-vous que je les trouve ? Vous savez bien que cet or, pour autant que votre décompte en soit exact, n'est pas venu enrichir les Ourmens et encore moins les Stangmeurs. Il a servi au bien commun et notamment à faire des routes fédérales.
Haldric s'emporte :
- Et bien justement ! Ces routes nous n'en voulons plus. Elles ne servent qu'à faciliter notre envahissement par toutes sortes de racailles étrangères aux mœurs dissolues qui s'en prennent à nos biens et nous apportent leurs maladies et leurs idées séditieuses. Nous n'en voulons plus ; spécialement en ce qui concerne la racaille Ourmen. Demain à l'aube nous commen-cerons la destruction de ces routes depuis l'intérieur de notre territoire jusqu'à une journée de marche de nos frontières. Nous réinstallons déjà nos postes et nos camps de surveillance de l'ancien no man's land dont nous nous entourions autrefois.
- En quelque sorte, une belle avancée vers le progrès et la fraternité.
- Tu peux te gausser, Ourmen, mais nous entendons être maîtres de notre destin ; et aussi réparer les injustices dont vous nous avez accablés. Cent mille pièces d'or et rapidement, si tu ne veux pas que je te renvoie un morceau de ta mère chaque semaine de l'année à venir. Si tu ne les a pas, va donc les demander à chacun des rois de ta belle fédération. Nous verrons bien s'ils sont si empressés que ça à dépenser leur or pour la veuve du "Rassembleur". Et ce n'est pas tout, écoute maintenant mon frère Korrand qui te présente une autre de nos exigences.
Korrand frappe du poing sur la table et criant presque :
- Nous voulons récupérer les terres que vous nous avez volées. Toute la bande qui longe le pied des monts de la Foudre depuis l'aplomb de notre frontière avec les Toulces jusqu'à l'Océan.
Ces terres étaient les nôtres depuis des temps immémoriaux jusqu'à ce que ton père les annexe sous de fallacieux prétextes sécuritaires.
Wor bout d'impatience contenue. Il se lève. Sa haute stature domine l'assemblée.
- Bordes ! Votre cupidité n'a d'égal que votre sottise !
La voix dominante de l'élu a explosé comme un coup de tonnerre, se propageant telle une violente bourrasque jusqu'au dernier des chefs Bordes assemblés, provoquant au passage des remous et des cris dans leurs rangs. Plusieurs épées jaillissent de leurs fourreaux. Des poings frappent à coups redoublés des armures pectorales ou des boucliers. Un brouhaha d'invectives haineuses monte vers la tribune.
Wor continue sur le même ton …
- Vous avez profité de la traîtrise d'un félon pour commettre vos abominations à l'encontre de la maison des Stangmeurs. Et maintenant vous voulez rançonner le peuple Ourmen tout entier sous prétexte de me rendre ma mère et mon frère que vous prétendez détenir en otage. Avant de vous donner ma réponse définitive, je vais d'abord vous montrer ce que Wrog exige que nous fassions des félons.
A ces mots Rob le géant traverse les rangs des chefs Ourmens traînant derrière lui sans ménagement un homme enchaîné au visage torturé par une peur abjecte. Constatant qu'il s'agissait de Bilbe Pthorre, les chefs Ourmens commencent à le frapper si sauvagement que le traître tombe à terre.
Rob continue à avancer vers la tribune sans se soucier du fait que son prisonnier traîne à terre. Bilbe tente maladroitement de se mettre à genoux pour se relever, mais Rob le traînant sans ralentir et les chefs Ourmens continuant à lui décocher au passage des coups de pieds dans la figure, dans le ventre et dans le dos, c'est un homme en sang, recroquevillé par la douleur que le géant jette aux pieds de Wor.
Sans un mot, le visage glacé par une haine absolue, Wor se baisse et saisit le cou du prisonnier de sa main gauche. Il se relève d'un seul mouvement, sans effort, tenant à bout de bras le corps de Bilbe dont les pieds s'agitent dans le vide au ras du sol. Bilbe arrive à gargouiller un presque inaudible :
- "Pitié".
Sourd aux suppliques du félon, Wor dégaine de sa main droite un grand coutelas de chasseur d'ours placé dans son dos en travers de sa ceinture, le brandit, devant le groupe des chefs Ourmens qui hurlent au supplice comme des possédés, et le plonge furieusement de bas en haut dans le ventre du régicide. Le coup est si violent que l'éventration est totale. Le poignard, la main et l'avant bras de Wor disparaissent tout entier dans le corps du supplicié. Agité de soubresauts spasmodiques, Bilbe est foudroyé ; ses intestins se répandent au sol. Une énorme quantité de sang gicle en pleine figure de Wor, dégoulinant sur ses vêtements, le maculant de la tête aux pieds. Une odeur fétide empuantie l'atmosphère. Wor agite son poignard par saccades à l'intérieur du corps flasque de sa victime et, d'un seul mouvement de retrait, le rengaine dans son fourreau ; puis replonge sa main droite dans la poitrine du mort et après plusieurs puissantes torsions en arrache le cœur qu'il brandit au-dessus de sa tête en hurlant tel un démon :
- Qui veut trahir le peuple Ourmen ? Qui veut rançonner la maison des Stangmeurs ? Qui veut affronter la colère de l'élu de Wrog?
Le délire des Ourmens est à son comble. Les pommeaux des épées dégainées frappent sans relâche les boucliers. Les chefs Ourmens piétinent frénétiquement sur place, mimant un assaut final. Le sol tremble sous la cadence effrénée des pieds de ce bloc d'enragés. Un nuage de poussière recouvre bientôt toute la scène. Wor jette le cœur du traître au milieu de ses chefs de guerre qui se bousculent comme des furies pour mieux le piétiner ; puis se tournant vers les plénipotentiaires Bordes, lance le corps sans vie du traître en travers de la table de négociation.
Il gronde de sa voix la plus basse :
- Que le monde entier se le tienne pour dit : les Ourmens haïssent la félonie.
Les chefs de la maison Straugs des Bordes ont blêmi, mais ils affectent de ne pas être impressionnés par la haine sauvage dont Wor vient de faire la démonstration. "Haldric le cruel" rétorque sur un ton dédaigneux :
- Si tu crois nous impressionner avec ton théâtre sanguinolent, tu te trompes lourdement. Nous n'avons que faire des traîtres de ta race. Merci de nous avoir débarrassés de cette vermine Ourmen. Par contre, nous tenons à ta disposition le spectacle bien plus intéressant du viol de ta mère par nos soudards et de l'écartèlement de ton frère par nos chevaux. Nous comprenons la fougue de ton jeune âge ; mais tu n'as pas le choix ; alors sois raisonnable, viens t'asseoir à cette table et négocions pendant qu'il en est encore temps si tu tiens à la vie des tiens.
- Tu te trompes Borde. Tu n'es pas du tout en mesure de me confronter à tes réjouissances sordides. Ma mère et mon frère sont actuellement bien à l'abri et sous bonne protection dans notre forteresse. Par contre le Capitaine Brénan le Hardy, que voici, a ramené un cadeau pour toi et les tiens de la petite incursion qu'il a fait cette nuit dans votre ville. Laisse moi t'offrir ce magnifique tribut en mémoire de mon vénéré père, ton suzerain le roi de Gaskadi que tu as fait assassiner si traîtreusement.
Alors que Wor prononce ces derniers mots plusieurs actions se déroulent simultanément.
Une énorme volée de flèches tombée du ciel s'abat sur les chefs Bordes et sur les tentes de leur compagnie sans qu'ils aient pu déceler d'où venait cette pluie mortelle. Ce sont de lourdes flèches de guerre qui traversent la toile des tentes et les armures des hommes. Elles tuent tous ceux qu'elles atteignent aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur des abris.
Au moment où les premières flèches sifflent dans le ciel, Brénan le Hardy s'approche de la table des négociations, un volumineux sac de toile grossière sur l'épaule.
Une seconde volée meurtrière s'abat à son tour. Elle vient du banc de sable situé à l'ouest de la tribune des négociations. Les Bordes n'en croient pas leurs yeux. Cet endroit plat et dégagé, coincé entre un marécage impraticable et un bras profond de la rivière sortie de l'étang, était encore vide de toute présence il n'y a qu'un instant ; voilà qu'il est maintenant couvert d'une compagnie entière d'archers Ourmens sortis des trous camouflés où ils se cachaient depuis deux jours.
Ce qui reste de la troupe d'accompagnement des Bordes se rue au secours de ses chefs, mais trop tard, ils sont presque tous morts ou blessés.
Les négociateurs Bordes, dépassés par les événements, restent paralysés sur leurs chaises.
Le capitaine ouvre son sac et vide d'un coup son contenu en direction des nobles de la maison Straugs. Plusieurs têtes humaines d'hommes de femmes et d'enfants roulent sur la table. Les Bordes, n'ayant aucun mal à reconnaître les visages défigurés par la mort de leurs proches, reculent précipitamment en bousculant leurs chaises. "Haldric le cruel" tombe à la renverse sur les fesses, ridicule, totalement désemparé ; la bouche ouverte tordue par un rictus de répulsion, un cri inarticulé, suraigu sort du fond de sa gorge. La tête de l'un de ses enfants sur les genoux, il hurle comme un dément.
Une troisième bordée de flèches acérées éclaircit un peu plus les rangs des chefs et de la garde Borde. Le piège a fonctionné. Les chefs Ourmens, rejoints par leurs propres gardes, contournent la tribune et se précipitent à la curée.
Wor apostrophe "Haldric le cruel" et les autres Straugs présents à la table des négociations :
- Voilà ce qu'il en coûte de s'attaquer aux Stangmeurs. Vous êtes les derniers survivants de votre sang ; et encore … plus pour très longtemps …
A ces mots Brénan le Hardy et quatre de ses hommes se précipitent sur les dignitaires Bordes pétrifiés, les désarment et les enchaînent.
… Vous allez vivre encore quelque temps, mais je suis sûr que vous allez le regrettez très vite.
Je veux que vous assistiez à la défaite et à la ruine de votre nation lorsque que nous envahirons votre territoire et réduirons votre peuple en esclavage. Après quoi vous serez supplicié le plus longtemps possible. Priez Wrog qu'il vous concède rapidement une mort libératrice. Quant à moi je ne vous accorderai jamais mon pardon. Juste avant que vous ne passiez de vie à trépas, vos corps seront jetés aux pourceaux qui vous dévoreront encore vivants. Soyez maudits pour l'éternité.
Wor 2
On retrouve notre héros quelques années plus tard. Il est roi de la fédération de Gaskadi et l’ordre du Kentaur lui confie une mission : faire en sorte que tout le peuple Gaskadien reçoive en formation la maîtrise du premier cercle du Homa.
Il s’en suit une quantité de péripéties que le lecteur pourra s’amuser à transposer dans notre monde d’aujourd’hui.
En votre qualité de lecteur, vous avez le choix entre vous contenter de vous distraire en lisant ce livre comme si vous regardiez un film, ou bien vous faites l’effort de discerner les règles de la Sémantique générale mises en situation pour entraîner votre esprit à maîtriser "les modes de pensée".
Bon courage !
Extrait de Wor 2
(Chapitre 18- Page 282)
La conquête de l'Est
C’est là qu’on voit les limites du Homa. Lorsqu’on laisse une situation dégénérer à ce point, il ne reste plus que des solutions aussi radicales qu’amorales. Puis-je vous commander de faire ce que vous avez à faire ou dois-je prendre moi-même le commandement de cette attaque pour soulager votre conscience ? - Non mon roi. Telle n’est pas mon intention. J’en ai massacré bien d’autres sous les ordres de votre père. Je me souciais de votre propre conscience qui a tellement souffert de la guerre que vous avez menée contre les Bordes. - Comme quoi, il ne faut jamais jurer de rien. La vie ne se prive jamais de vous mettre en défaut.
Général Rob, je vous donne l’ordre d’être radical. Éliminez-moi toute cette racaille sans coup férir que nous puissions démarrer une collaboration fructueuse avec le peuple Tul. - À vos ordres.
Rob fut de retour sur le terrain le soir même. Il ordonna à ses troupes de profiter de la nuit pour encercler la tanière du loup. A l’aube, il envoya un émissaire pour prévenir les civils d’évacuer les lieux et demander à l’Illuminato de se rendre. Il reçut la réponse de l’Illuminato dans l’heure qui suivit sous la forme de la tête tranchée de l’émissaire. qui lui fut lancée du haut de l’un des immeubles de la tanière. Aucun civil ne sortit. Des civils étaient-ils volontaires ou gardés comme bouclier vivant, impossible de le savoir. Rob donna l’ordre à son artillerie de commencer la danse. Six gros canons avaient été déployés autour des immeubles concernés. Ces armes d’un autre temps venaient des stocks récupérés de l’ancienne civilisation. Rob ne s’en était servi qu’une seule fois dans toute sa carrière, lors du siège d’une forteresse Borde sous le commandement de Rourk le rassembleur au tout début des conquêtes ayant donné lieu à la fondation de la fédération de Gaskadi. Ces canons n’étaient pas utilisables dans les batailles en terrain découvert des guerres habituelles de cette époque, car elles auraient tué indistinctement autant d’amis que d’ennemis tant les dégâts qu’elles causaient étaient ravageurs. Un quart d’heure après le début de la canonnade Rob ordonna de cesser le feu. Plus aucun des immeubles n’étaient debout. Un silence de mort succéda à l’enfer. Aucun cri, aucune plainte, aucun gémissement ne s’échappaient des montagnes de pierres qui succédaient aux immeubles. Rob donna l’ordre à ses troupes d’avancer et d’investir les montagnes de pierres à la recherche de blessés ou de survivants. Ils ne trouvèrent que quelques morts entiers et pas mal de membres humains éparpillés. Rob eut la confirmation de ce qu’il appréhendait. Il faudrait des mois, voire des années, pour déblayer tout ça. Très probablement, on ne retrouverait jamais le cadavre de l’Illuminato. On ne saurait jamais avec certitude s’il était présent lors de ce massacre. Il ne restait plus qu’à espérer qu’on ne le verrait pas ressurgir du passé dans un futur plus ou moins lointain à la tête d’une bande d’assassins.
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